Loading color scheme

Découvrir l'ex-voto de l'Avent et du temps de Noël

 

"Joseph, 7 ans, guéri après un Triduum".

L’ex-voto d’aujourd’hui fut déposé en 1882 par Eugène Dalmas, Employé des Postes à Nice et son épouse Marie-Pierrette née Wilson. Le couple a deux enfants, Antoinette 11 ans 1/2, et un garçon, Joseph 7 ans, qui souffre d’une grave « maladie des yeux ». Devant les limites de la science, la famille, témoignant avec force de l’Espérance chrétienne, offrit ses souffrances en vivant, d’un seul coeur, un « Triduum de prière » pour la guérison du petit Joseph. Cette dévotion s’inspire du Triduum pascal de l’Année liturgique qui fait mémoire des trois jours saints, depuis le jeudi de la Cène au dimanche de la Résurrection.  Comme le rappelait le pape Jean-Paul II, il est possible d’offrir un Triduum à tout moment, en particulier avant une solennité de la vie du Christ ou de la Vierge Marie (1). Le Triduum reste un exercice d’intense démarche pénitentielle, avec le regret de ses fautes, le pardon, l’aumône, la prière et la mémoire des grâces reçues de la main du Seigneur…

ex voto les yeux de joseph

La composition du tableau rend bien l’état d’esprit de cette famille niçoise frappée par la maladie. Le fond sombre exprime le désarroi et la nuit opaque dans laquelle plongeait la vue du petit Joseph. La famille s’avance, unie dans l’épreuve et confiante en l’intercession de la Vierge Marie représentée avec l’Enfant Jésus à gauche dans un espace baigné de lumière… Le couple Dalmas opta pour un Triduum les 29, 30 avril et 1er mai 1882. On est ému par le jeune Joseph, agenouillé, dans une prière très recueillie. Les autres membres de la famille apparaissent de face, dans une attitude orante, mais la maman elle tourne résolument son visage vers la Vierge de Laghet. Une mère éprouvée dans sa chair implorant la Mère des douleurs…

Le cartouche manuscrit précise en effet que la famille d’Eugène Dalmas dédia ce Triduum à Notre-Dame des Sept Douleurs célébrée par l’Eglise le 15 septembre, jour qui suit la solennité de la Croix Glorieuse. Notre-Dame des Douleurs, par la communion aux souffrances de son Fils, nous conduit vers le Rédempteur. Plus largement ce titre marial évoque les douleurs endurées par la Vierge Marie tout au long de sa vie terrestre : la prophétie de Syméon sur l’Enfant Jésus, la fuite en Egypte de la Sainte-Famille, la disparition de Jésus durant 3 jours lors du pèlerinage à Jérusalem, la rencontre de Jésus et Marie sur le Chemin de Croix, Marie au pied de la Croix, Marie accueillant le corps de Jésus à la descente de la Croix, Marie déposant le corps de son Fils au tombeau (2). 

Peu après ce Triduum familial la grâce fut accordée. Joseph guérit ! Deux mois plus tard, les parents Dalmas et leurs deux enfants vinrent au Sanctuaire de Laghet pour remercier la Vierge Marie. Le cartouche indique la date du dimanche 2 juillet 1882, jour où l’Eglise fête la Visitation de Marie. En représentant la Vierge à l’Enfant dans les mêmes proportions que les autres personnages de la composition, le peintre, resté anonyme, exprime le vécu de la famille Dalmas devant la grâce : une sorte de « petite Visitation de Marie ». Dans un langage sans parole ce bel ex-voto en évoquant la proximité de Notre-Dame de Laghet avec la famille, où s’enracine la dévotion populaire, fait mémoire des milliers de grâces reçues à Laghet depuis des siècles… jusqu’à aujourd’hui (3).

« Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ;

demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite »

Evangile de Saint Jean 16, 24

Commentaire : Patrizia Colletta, Médiation, Art & Foi

Notes : (1) Lire les paragraphes 140 et 189 de l’incontournable « Directoire sur la Piété Populaire et la Liturgie »du pape Jean-Paul II, 2001, vatican.va ; (2) « Fête de Notre-Dame des Douleurs : signification, célébration, dévotion, prières. sur hosanna.org ; (3) Disponible à la librairie du Sanctuaire : « Les Ex-Voto de Laghet. Un mémorial entre Ciel et terre », de P. et G. Colletta, paru en août 2021.